25/01/2017

Pas de mémoire
Je suis depuis peu un couple charmant, à la retraite. Ils ont la soixantaine et sont suffisamment en forme physique pour profiter de cette retraite. Oui, mais Monsieur a une démence type Alzheimer. Sa femme me dit qu'il est très gentil, très doux, facile à vivre, mais il n'a aucune mémoire. En lisant le courrier du gériatre, je vois que le tableau est atypique, il n'y a que la mémoire qui vacille, les autres signes habituels de la maladie ne sont pas présents. Ce matin, je vois Madame toute seule. Je lui pose des questions sur leur vie. Monsieur avait une entreprise, il travaillait énormément. Elle aussi travaillait pour l'entreprise, mais moins, elle s'occupait aussi de leur deux filles. Je lui dit qu'il a du fuir dans le travail. Elle est d'accord. Qu'est-ce qu'il avait besoin de fuir votre mari ? Que lui est-il arrivé ? Elle me raconte qu'il a été agressé sexuellement par les voisins quand il avait huit ans. Il lui a raconté ça au début de leur mariage. Sexuellement, ça n'a jamais été ça, dans leur couple, et ils n'ont plus de rapports depuis longtemps. Ils ont failli divorcé, mais à cause de l'entreprise, ils ne l'ont pas fait. Il n'a jamais été un bavard et il est le seul comme ça dans la famille. Il ne s'est jamais occupé de ses enfants. Il a travaillé, travaillé, travaillé et, quand il a arrêté de travaillé, il a perdu la mémoire. Il a trouvé ses solutions pour ne jamais penser à "ça". Mais qu'est-ce que ça lui a coûté cher ... Sa femme est contente de discuter avec moi de cette vie. Elle me demande si elle doit en parler à ses filles. Je l'encourage. Elles seront contentes d'avoir l'explication d'une chose qu'elles ont ressentie et qu'elles savent déjà. Cela peut les aider ...
Bénédicte Delamare

04/11/2016

Corentin, 30 ans, problèmes d'alcool

Corentin est venu me voir car il a des problèmes d'alcool. Il buvait le soir en rentrant du travail pour apaiser son stress, plusieurs bières, et le week-end, de manière festive avec les amis, sans compter les verres de bière et d'alcools forts. Cela s'est affirmé avec le temps. A 30 ans, Corentin est marié. Sa femme et lui travaillent tous les deux. Ils ont deux enfants de 4 et 6 ans. Il est venu consulter car sa femme ne supporte plus ces alcoolisations et il commence à avoir des réflexions au travail. Il s'est aussi fait peur au volant de sa voiture. Il dit qu'il ne veut pas donner cet exemple à ses enfants. Nous avons discuté. Il a décidé de faire un sevrage en ambulatoire qui s'est bien passé. Il est aussi fumeur mais n'est pas demandeur pour l'instant sur le tabac. Nous avons fait trois séances d'hypnose pour conforter le résultat. A l'avant dernière consultation, il me dit que tout va bien. Il n'a plus envie de boire. Au travail, ça se passe bien. Ses amis l'acceptent avec son jus d'orange ou son eau pétillante. A la maison, ça se passe bien aussi, les enfants sont contents, il s'occupe plus d'eux. Sauf qu'en fin de consultation, il me demande un médicament pour les troubles de l'érection. Nous discutons, il n'avait pas ces problèmes-là quand il buvait. Cela s'est installé depuis qu'il ne boit plus. Je lui explique que c'est le contraire qui était attendu et qu'à son âge, il y a peu de chances qu'il ait ce genre de problèmes. Je lui demande de venir avec sa femme la prochaine fois. Séverine est donc venue la dernière fois. Elle m'explique d'abord qu'elle ne comprend pas pourquoi elle est là car elle n'a pas de problème d'alcool ! On parle de tous ces moments difficiles où elle a dû assurer pour tenir la maison, s'occuper des enfants. Elle raconte tous les efforts qu'elle a fait pour le "sortir du trou". Corentin complète son discours en disant bien qu'heureusement qu'elle était là, qu'elle a assuré, qu'elle l'a épaulé, qu'elle lui a permis de "sortir du trou". Et puis un grand silence. Au bout d'un moment, je propose une hypnose de couple. Ils acceptent. Je demande à leurs inconscients de communiquer et de collaborer ensemble. Corentin est très détendu, il respire lentement, il semble apaisé. Séverine a de nombreuses abréactions, des secousses des membres, des grimaces du visage. Nous terminons la consultation juste après l'hypnose. Pour le prochain rendez-vous, Corenttin viendra seul. Séverine ne peut pas venir.

Bénédicte Delamare

23/06/2016



Programme de formation DPC indemnisé
Mind-Body Therapies : mythes et réalités scientifiques
Ce qu’en dit l’épigénétique, leur place en médecine générale
Hypnose, Sophrologie, Méditation, Mindfulness, Yoga, Qi Gong, Tai Chi, Art Thérapie, ... beaucoup de promesses et au bout du compte, l’effet placebo quand leur efficacité est mesurée par les Essais Contrôlés Randomisés (ECR) !
La faute aux ECR dont la méthodologie ne serait pas adaptée, ou triste constat de chimères auxquelles on aimerait bien croire quand la médecine conventionnelle atteint ses limites ?
Les pratiques psycho-corporelles se développent tous azimuts, y-compris dans les CHU ou dans la plupart des Universités, preuves de leur bien-fondé ou effets de mode, marketing efficace et désespérance ?
Académie Nationale de Médecine, Direction Générale de la Santé, CNOM, APHP, tous les appellent de leurs vœux et les rejettent, elles doivent être pratiquées par les médecins qui n’ont pas le droit de les pratiquer ouvertement, il faut conseiller les patients sans avoir de conseils à leur donner, les formations pullulent dans l’offre de l’OGDPC mais aucune n’est reconnue, ...
Et vous ? Que dites-vous à vos patients quand ils vous en parlent ? Vous êtes-vous formé ou allez-vous vous y mettre ? Quelles sont vos croyances, vos certitudes, vos connaissances ?
FMC Action Bretagne vous propose de vous apporter les premiers éléments de réponse solides à toutes ces questions, et de préfigurer avec vous la place que ces pratiques pourront prendre en médecine générale.
Pour ce faire, vous traverserez 40 années de recherche en Psycho-Neuro-Immunologie et les 15 premières années de la génomique fonctionnelle, vous découvrirez comment et pourquoi ces MBT ont ou n’ont pas d’effets biologiques sur les pathologies, et vous repartirez avec des réponses concrètes à apporter aux questions que se posent vos patients.
Au final, vous apprendrez que les réalités scientifiques sont porteuses de plus de bonnes nouvelles que de mauvaises quant à ce que les MBT ont à apporter à la médecine conventionnelle, et nous commencerons à tracer ensemble les premiers contours de ce que pourra être une future prise en charge primaire de santé mentale en médecine générale.
Modalités
Programme indemnisé de 4 demi-journées (690€), 3 demi-journées non présentielles, 1demi-journée en soirée. Session à Rennes : jeudi 22 septembre 2016 Session à Nantes : jeudi 13 octobre 2016
Nombre de places limité
Pré-réservation : par mail à iimi.3im@gmail.com
Inscription définitive sur le site de l’OGDPC à partir de début juillet 2016
Renseignements par téléphone : Dr Bénédicte Delamare au 06 79 71 48 32 ou Frédéric Joly au 06 63 40 84 63 

26/02/2016

Corinne et Christine
Elles ont toutes les deux la cinquantaine élégante. Elles ont toutes les deux un métier.  Elles ont toutes les deux un mari et des enfants qui sont maintenant grands.  Elles viennent toutes les deux de faire un cancer féminin.
La première vient en me disant que ce n'est pas normal qu'elle se soit fait ça.  Qu'elle ne tient pas à recommencer,  qu'elle veut s'occuper d'elle  car elle a pris une claque avec cette maladie.
La deuxième vient sur conseil de son médecin traitant qui lui a dit qu'il fallait qu'elle s'occupe d'elle.  Elle n'a pas eu une enfance facile car son père était malade et c'est de la maladie du père qu'on s'occupait,  mais elle n'a pas été malheureuse.  Elle me dit que les spécialistes se sont bien occupés d'elle à l'hôpital.  Elle a bien accepté les soins et la maladie.  À la deuxième séance,  elle est arrivée très en retard.  À la  quatrième,  elle m'a dit : je me sens bien, en ce moment,  je ne reprends pas renez-vous,  s'il y a quelque chose,  je rappellerai.
La première a visité toute sa vie et à fait le tri. Elle a compris que sa famille n'avait pas été aussi adorable qu'elle l'avait cru,  Elle a dit à ses parents ce qu'elle pensait d'eux.  Elle est à sa dixième séance et elle est en train de reconstruire sa vie pour être enfin la personne qu'elle a envie d'être.  Elle bouge, elle change.
Chacune fait comme elle sent,  chacune fait comme elle veut.

24/02/2016

Bonjour à tous les lecteurs !
Je veux simplement vous dire que, ne m'y sentant plus confortable,  j'ai décidé d'arrêter ma collaboration avec l'institut Milton Erikson du Rhône  (Imher ), donc avec Mohammed El Farricha et Phenix Psy.
Je continue à intervenir dans des formations  FAF et DPC  avec fmcaction Bretagne.  Vous pouvez aller voir le programme sur fmcaction.org.
Ne pas hésiter à m'envoyer un mail : benedicte.delamare@gmail.com
Au plaisir de se retrouver sur une formation ou à une toute autre occasion ...
Bénédicte Delamare